Humidité en rez de chaussée sur cour ou sur traboule à Lyon : causes et solutions
Bas de murs qui cloquent, dépôts blancs sur l’enduit, odeur de cave, froid persistant : à Lyon, les logements en rez de chaussée sur cour ou en bordure de traboule cumulent les facteurs d’humidité. Comprendre d’où vient l’eau est la condition pour la traiter sans dépenser à perte. Voici les causes, les erreurs à éviter et l’ordre des travaux.
Humidité
Un rez de chaussée ancien sur cour ou sur traboule reçoit l’humidité par plusieurs voies à la fois : remontées capillaires dans des murs sans coupure étanche, infiltrations depuis une cour mal drainée, un caniveau ou une descente défaillante, terre plaquée contre un mur sur les terrains en pente, et condensation dans des pièces peu ensoleillées et mal ventilées. Il est rare qu’une seule cause explique tout. Un diagnostic mesuré permet de faire la part de chacune et d’engager les travaux dans le bon ordre, en commençant par les apports d’eau qui relèvent des parties communes. Recouvrir le mur ou installer un déshumidificateur ne règle rien sur le fond.
Rez de chaussée sur cour ou sur traboule : un logement à part
Dans les immeubles anciens de Lyon, le rez de chaussée sur cour abritait des ateliers, des remises, des boutiques ou des logements de service, transformés au fil du temps en habitations. Les traboules, passages qui traversent les immeubles d’une rue à l’autre, sont bordées de locaux du même type. Sur les pentes de la Croix-Rousse, la Ville de Lyon rappelle qu’elles suivent la pente du nord au sud et permettaient aux ouvriers de la soie de transporter leurs pièces de tissu à l’abri de la pluie.
Ces locaux n’ont pas été conçus pour être habités selon les standards actuels. Leur sol repose sur terre-plein ou sur une cave, leurs murs épais sont en maçonnerie de moellons, leurs ouvertures donnent sur une cour étroite ou un passage couvert où le soleil pénètre peu. Les eaux pluviales des toitures sont collectées dans la cour, et les réseaux d’évacuation de l’immeuble la traversent. Tous ces éléments rendent le rez de chaussée sensible à l’humidité.
Les remontées capillaires
Les murs anciens reposent sur des fondations maçonnées sans coupure étanche. L’eau du sol migre dans les pores de la pierre et du mortier, comme dans une mèche, et monte dans le mur sur plusieurs dizaines de centimètres. En s’évaporant, elle dépose des sels qui font cloquer les peintures, effritent les enduits et forment des efflorescences blanches.
Le signe distinctif est un gradient : l’humidité est maximale en pied de mur et décroît avec la hauteur, sur une bande horizontale régulière. Des plinthes qui pourrissent, un enduit friable sur le premier mètre et un salpêtre visible complètent le tableau. L’humidimètre utilisé à plusieurs hauteurs confirme ce mécanisme. Si le mur est en pisé, ce qui se rencontre dans certains immeubles anciens de la région lyonnaise, l’humidité fragilise la terre elle-même et le traitement doit être adapté.
Infiltrations par la cour, les réseaux et le terrain
Lorsque le sol de la cour est plus haut que le plancher du logement, mal drainé ou fissuré, l’eau de pluie s’infiltre latéralement dans le mur. Un caniveau obstrué, une descente d’eaux pluviales déboîtée au pied de la façade ou un regard non étanche aggravent la situation. Les canalisations anciennes en fonte ou en grès peuvent aussi fuir sous le plancher. Ces infiltrations se concentrent côté cour, près d’une descente ou d’un regard, et s’aggravent après la pluie.
Sur les terrains en pente, un rez de chaussée peut être de plain-pied d’un côté et partiellement enterré de l’autre : le mur arrière reçoit alors l’humidité de la terre qui s’appuie contre lui. Près du Rhône et de la Saône, la Ville de Lyon signale aussi le phénomène de remontée de nappe lors des épisodes de pluies fortes et prolongées, qui peut accentuer l’humidité des niveaux bas et des caves.

Peinture qui cloque et dépôts blancs en pied de mur signalent des remontées capillaires.
La condensation, qui brouille le diagnostic
Des murs froids et humides favorisent la condensation de la vapeur produite par les occupants : cuisine, douche, linge séché à l’intérieur, respiration. Dans un logement peu ventilé, l’humidité de l’air se dépose sur les parois les plus froides, dans les angles, derrière les meubles plaqués contre les murs, et les moisissures apparaissent. Ce phénomène s’ajoute aux remontées et aux infiltrations.
Le thermo hygromètre mesure l’humidité relative de l’air et la température des parois : si une paroi est plus froide que le point de rosée, la condensation est inévitable. L’expert vérifie aussi la présence et le fonctionnement des entrées d’air et des bouches d’extraction. Un logement calfeutré pour limiter le froid voit sa condensation augmenter.
Les erreurs qui aggravent le problème
Plusieurs réflexes compréhensibles produisent l’effet inverse de celui recherché :
- poser un enduit ciment, une peinture étanche ou un doublage collé sur le mur humide : l’eau bloquée monte plus haut ou ressort ailleurs, et la maçonnerie se dégrade derrière ;
- injecter un produit contre les remontées alors que l’eau vient de la cour : le traitement ne sert à rien ;
- boucher les entrées d’air pour gagner en confort : la condensation augmente ;
- compter sur un déshumidificateur : il soulage sans traiter la cause.
La règle est simple : on supprime d’abord les apports d’eau, on traite ensuite le mur, on refait les finitions en dernier.
Le diagnostic mesuré
L’expert mesure l’humidité des murs à plusieurs hauteurs et en plusieurs points, côté cour, côté rue et côté traboule, pour cartographier le phénomène. Il relève l’humidité de l’air et la température des parois, observe les traces et les sels, contrôle la ventilation et recherche les sources extérieures : niveau et pente de la cour, état des caniveaux et des descentes, regards, réseaux. Il examine la cave lorsqu’elle se trouve sous le logement.
Son rapport attribue à chaque cause sa part et fixe l’ordre des travaux. Notre expertise humidité répond à ce besoin. Si l’humidité s’accompagne de fissures dans les murs ou les plafonds, notre expertise fissures dans le Rhône complète l’analyse. Contactez nous pour organiser la visite.

Des mesures à plusieurs hauteurs révèlent le gradient d’humidité dans le mur.
Travaux et responsabilités
Côté copropriété : reprise du revêtement de la cour avec une pente qui éloigne l’eau des murs, curage des caniveaux, réparation des descentes et des canalisations, ventilation de la cave, drainage en pied de façade lorsque la configuration le permet. Les murs porteurs, la cour, les réseaux communs et les descentes sont des parties communes : les désordres qui en proviennent relèvent du syndicat des copropriétaires. Côté logement : dépose des enduits étanches, enduits perméables à la chaux, entrées d’air et extraction adaptées, chauffage régulier.
Le contexte patrimonial s’invite parfois. La Ville et la Métropole de Lyon ont passé avec les propriétaires des conventions qui maintiennent l’ouverture au public de traboules et cours remarquables et prévoient un soutien financier à leur restauration et à leur entretien. Dans le Vieux Lyon, le plan de sauvegarde et de mise en valeur s’applique aussi aux intérieurs d’immeubles, qui nécessitent des autorisations spécifiques. Renseignez vous avant d’engager les travaux.
Louer ou acheter un rez de chaussée humide
Le bailleur doit fournir un logement décent au sens du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 : le logement doit notamment être protégé contre les infiltrations et les remontées d’eau et permettre une aération suffisante. Le locataire confronté à l’humidité informe son bailleur par écrit. Le rapport d’expertise distingue ce qui relève du bâti, donc du bailleur ou de la copropriété, et ce qui relève de l’usage, comme l’aération quotidienne.
Avant d’acheter, faites mesurer l’humidité des murs, inspectez la cave, la cour et la traboule, et lisez les procès verbaux d’assemblée générale : des travaux de cour ou de réseaux ont ils été votés, des plaintes ont elles été enregistrées ? Le bilan avant achat intègre ces vérifications et précise la nature des travaux à prévoir.
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Questions fréquentes
Pourquoi mon rez de chaussée sur cour est il humide ?
Remontées capillaires, infiltrations depuis la cour ou les réseaux, terre contre les murs sur les terrains en pente et condensation se combinent. Un diagnostic mesuré identifie la part de chacune.
Une injection règle-t-elle le problème ?
Seulement si les remontées capillaires sont la cause principale et que les apports extérieurs ont été supprimés.
Qui paie les travaux de cour ou de traboule ?
La cour et les passages communs sont des parties communes : le syndicat des copropriétaires. Pour certaines traboules sous convention, un soutien financier public existe.
Un déshumidificateur suffit il ?
Non. Il soulage ponctuellement sans traiter la cause de l’humidité.
Peut on isoler les murs d’un rez de chaussée humide ?
Pas avant d’avoir traité l’humidité. Un doublage posé sur un mur humide aggrave les désordres.
Combien coûte une expertise humidité ?
Le montant dépend du logement et de la mission. Il figure sur notre page nos tarifs, et vous pouvez nous contacter pour en parler.
Besoin d’un avis d’expert ?
Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif au logement décent, Légifrance
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété, Légifrance
- Ville de Lyon, rénovation des bâtiments classés et des traboules
- Ville de Lyon, les risques majeurs






















