Travaux et garanties

Surélévation d’immeuble à Lyon : ce qu’elle implique pour les copropriétaires

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Surélévation d’immeuble à Lyon : ce qu’elle implique pour les copropriétaires

Ajouter un ou deux niveaux sur le toit d’un immeuble existant permet de créer des logements sans consommer de terrain, et à la copropriété de financer des travaux en vendant son droit de surélever. À Lyon, le projet se heurte pourtant à des contraintes réelles : structure ancienne, règles du PLU-H, secteurs patrimoniaux, parfois balmes. Voici ce qu’une surélévation implique pour vous, copropriétaire.

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L’essentiel

Le droit de surélever appartient au syndicat des copropriétaires. Que la copropriété construise elle même ou cède ce droit à un tiers, l’assemblée générale doit voter à la majorité de l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965, ramenée à celle de l’article 25 pour une cession destinée à créer des logements lorsque l’immeuble est situé dans un périmètre de droit de préemption urbain. Les copropriétaires des lots situés sous la surélévation disposent d’un droit de priorité, et ceux qui subissent un préjudice ont droit à une indemnité. Techniquement, tout dépend de la capacité de la structure existante à porter des charges nouvelles, ce qu’un diagnostic approfondi doit établir avant le vote.

Contexte

Pourquoi une copropriété lyonnaise envisage de surélever

Une surélévation crée des surfaces nouvelles sur un bâtiment existant, sans artificialiser de sol. Pour la copropriété, la cession du droit de surélever apporte un prix et, surtout, des contreparties négociées : réfection de la toiture, isolation, ravalement, création ou prolongation d’un ascenseur.

Les immeubles candidats sont ceux dont la hauteur reste inférieure à ce qu’autorise le plan local d’urbanisme et de l’habitat de la Métropole de Lyon, et dont la structure peut supporter un ou deux niveaux supplémentaires. Maisons de ville, petits immeubles de faubourg, bâtiments d’après guerre se prêtent plus facilement à l’exercice que les immeubles anciens déjà hauts.

Chaque projet reste un cas particulier : l’état de l’immeuble, son sol et son environnement urbain décident de sa faisabilité bien plus que l’intérêt financier.

Droit

Qui décide, et à quelle majorité

L’article 3 de la loi du 10 juillet 1965 rattache le droit de surélever aux parties communes : il appartient au syndicat. L’article 35 encadre son usage. Si la copropriété réalise elle même la surélévation pour créer des locaux privatifs, la décision se prend à la majorité de l’article 26. La cession du droit de surélever à un tiers exige aussi la majorité de l’article 26, et la confirmation d’une assemblée spéciale si l’immeuble comprend plusieurs bâtiments.

Par dérogation, la cession destinée à créer des logements se vote à la majorité de l’article 25 lorsque l’immeuble se trouve dans un périmètre de droit de préemption urbain. Vérifiez ce point auprès de la Métropole de Lyon ou dans le certificat d’urbanisme.

Le droit de surélever ne peut pas être réservé par convention au profit d’un copropriétaire ou d’un tiers.

Dernier étage

La situation des copropriétaires du dernier étage

Les copropriétaires dont les lots se situent, en tout ou partie, sous la surélévation sont les plus exposés : perte de la toiture au-dessus d’eux, chantier, nuisances, parfois modification de la lumière et de la vue. La loi leur accorde un droit de priorité lors de la cession du droit de surélever ou de la vente des locaux créés. Le syndic leur notifie le projet, avec le prix et les conditions, et cette notification vaut offre de vente pendant deux mois.

Les copropriétaires qui subissent un préjudice du fait des travaux, diminution définitive de la valeur de leur lot, trouble de jouissance grave même temporaire, dégradations, ont droit à une indemnité. Elle est supportée par l’ensemble des copropriétaires selon leurs droits dans les parties communes.

Grue au dessus des toits de tuiles d un immeuble lyonnais pendant des travaux

Une grue au-dessus des toits pendant une surélévation : le chantier concerne tout l’immeuble et ses occupants.

Structure

Structure et sol : la question décisive

Un ou deux niveaux supplémentaires augmentent les charges sur les murs porteurs, les planchers et les fondations, dimensionnés à l’origine pour l’existant. Dans un immeuble lyonnais ancien, murs en maçonnerie et planchers bois exigent un diagnostic structurel avec sondages avant tout projet. Des renforcements peuvent s’imposer : reprise de murs, renfort de fondations, création de poteaux. Les ossatures légères en bois ou en métal limitent les charges ajoutées.

Le sol compte autant que la structure. Sur les coteaux de Fourvière et de la Croix-Rousse, la Ville de Lyon dispose d’une commission des balmes qui rend un avis technique sur les permis de construire. Ailleurs, l’exposition au retrait gonflement des argiles ou la présence de remblais peuvent justifier une étude géotechnique avant d’augmenter les charges sur les fondations.

Urbanisme

Urbanisme et patrimoine à Lyon

Une surélévation suppose un permis de construire. Le projet doit respecter le PLU-H : hauteurs maximales, gabarits, implantation, insertion dans le paysage urbain. La lecture du règlement de zone est la première étape de toute étude de faisabilité.

Le site historique de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998. Deux sites patrimoniaux remarquables couvrent le Vieux Lyon, avec son plan de sauvegarde et de mise en valeur, et les pentes de la Croix-Rousse, avec leur aire de mise en valeur approuvée en 2020. Dans ces périmètres et aux abords des monuments historiques, le projet est soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France.

Matériaux, couleur des toitures, volumes : dans ces secteurs, la conception architecturale se discute en amont, pas après le refus. Un rendez vous préalable avec le service instructeur et l’architecte des Bâtiments de France évite de financer des études sur un projet qui ne sera pas accepté.

Chantier

Un chantier dans un immeuble occupé

Le chantier se déroule pendant que les habitants restent chez eux. La toiture est déposée, ce qui expose les derniers étages aux intempéries si la protection provisoire est insuffisante. Grue, livraisons, bruit et poussière concernent tout l’immeuble. La cage d’escalier, et l’ascenseur s’il existe, sont prolongés.

Avant le démarrage, faites établir un constat de l’état des parties communes et des logements des derniers étages. Il fixe la situation de référence et facilite le traitement des désordres. L’opérateur doit justifier de ses assurances, et une assurance dommages ouvrage doit être souscrite pour les travaux.

Exigez un calendrier, un interlocuteur identifié et des réunions d’information régulières avec le conseil syndical.

Plans d architecte de surelevation etales sur une table de reunion

Les plans d’architecte se discutent en assemblée générale avant le vote, avec l’appui du conseil syndical.

Contreparties

Prix, contreparties et nouvelles charges

En cédant son droit, la copropriété perçoit un prix et peut négocier des contreparties : toiture neuve, isolation par le haut des logements du dernier étage, ravalement, création d’un ascenseur, amélioration de la ventilation. Ces travaux peuvent s’inscrire dans le plan pluriannuel de travaux de l’immeuble.

Les lots créés modifient l’état descriptif de division et la répartition des charges. Les nouveaux copropriétaires participent aux charges communes, mais la répartition de certains équipements, comme l’ascenseur, peut évoluer selon les étages. Ces modifications passent par l’assemblée générale et un acte notarié.

Avant le vote, la copropriété a intérêt à se faire conseiller sur la valeur du droit, les garanties de l’opérateur, le calendrier et la protection des occupants.

Expertises

Acheter, constater, réagir aux désordres

Pour un acquéreur, un projet de surélévation voté ou en discussion est une information majeure : travaux à venir, nuisances, perte de vue possible pour un dernier étage, mais aussi contreparties financées. Les procès verbaux d’assemblée générale en font état, et le bilan avant achat intègre leur lecture.

Après les travaux, des fissures dans les logements du dernier étage relèvent d’une expertise fissures, qui compare l’état constaté au constat initial. Des infiltrations pendant ou après la dépose de toiture relèvent d’une expertise humidité.

Si vous faites aménager votre propre lot à l’occasion de l’opération, la réception de travaux sécurise la fin de ce chantier privatif.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Qui décide d’une surélévation en copropriété ?

L’assemblée générale, à la majorité de l’article 26, ou à celle de l’article 25 pour une cession destinée à créer des logements dans un périmètre de droit de préemption urbain.

Les copropriétaires du dernier étage peuvent ils bloquer le projet ?

Ils votent comme les autres copropriétaires : la loi ne subordonne pas la décision à leur accord individuel. Ils disposent d’un droit de priorité sur le droit de surélever ou les locaux créés, et d’une indemnité s’ils subissent un préjudice.

La structure d’un immeuble ancien peut elle porter une surélévation ?

Seul un diagnostic structurel avec sondages permet de répondre. Des renforcements sont parfois nécessaires, et une ossature légère limite les charges ajoutées.

Faut il un permis de construire ?

Oui. Dans le Vieux Lyon, sur les pentes de la Croix-Rousse ou aux abords d’un monument historique, l’accord de l’architecte des Bâtiments de France est aussi requis.

Que gagne la copropriété ?

Le prix du droit de surélever et des contreparties négociées : toiture, isolation, ravalement, ascenseur.

Les charges changent elles après une surélévation ?

Oui. Les nouveaux lots participent aux charges, et la répartition est modifiée par l’assemblée générale puis par acte notarié.

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Sources

  • Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 3, 9, 25, 26, 35 et 36, Légifrance
  • Institut national de la consommation, copropriété et surélévation
  • Ville de Lyon, service constructions et balmes
  • Métropole de Lyon, PLU-H et sites patrimoniaux remarquables


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