Humidité

Cave voûtée humide dans un immeuble lyonnais : normal ou alarmant ?

Humidité

Cave voûtée humide dans un immeuble lyonnais : normal ou alarmant ?

Voûte en pierre qui perle, odeur de terre, cartons qui moisissent, dépôts blancs au pied des murs : descendre à la cave d’un immeuble ancien de Lyon, c’est entrer dans un milieu humide par nature. Reste à savoir à partir de quand cette humidité devient un désordre. Voici les repères pour en juger et savoir qui doit agir.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Une cave enterrée ne sera jamais aussi sèche qu’un logement : ses murs touchent le sol, sa température reste fraîche toute l’année et l’air s’y renouvelle lentement. Une humidité ambiante élevée, quelques efflorescences et une odeur de terre font partie de son fonctionnement normal. L’alerte commence avec l’eau liquide : ruissellement sur une paroi, flaque qui se reforme, sol détrempé après un orage, trace de niveau sur les murs. Une odeur d’égout, des joints qui se vident, des pierres qui se délitent ou une humidité qui gagne le rez de chaussée relèvent aussi du désordre. Les causes possibles sont une fuite de réseau, une infiltration depuis la cour ou la rue, une ventilation supprimée ou, près du Rhône et de la Saône, une remontée de nappe.

Construction

Une cave voûtée, un ouvrage conçu pour composer avec l’eau

Sous les immeubles anciens lyonnais, les caves sont bâties en maçonnerie de pierre ou de moellons liés au mortier de chaux, couvertes de voûtes en pierre ou en brique. Elles sont partagées en box par des cloisons en bois ou en maçonnerie légère et ventilées par des soupiraux ouverts en partie haute sur la rue ou la cour.

Ces murs n’ont jamais été étanches. L’eau du sol migre lentement dans la maçonnerie, s’évapore en surface et repart avec l’air renouvelé par les soupiraux. Le mortier de chaux, souple et perméable, accompagne ces échanges. Cet équilibre tient tant que la ventilation fonctionne et que les apports d’eau restent modestes. Il se rompt dès qu’on bouche les ouvertures, qu’un enduit ciment enferme l’eau dans le mur ou qu’une canalisation se met à fuir.

Repères

L’humidité qu’il faut accepter

Une sensation de fraîcheur constante, une odeur de terre, une humidité relative élevée et quelques traces de salpêtre sur les parois sont normales dans une cave enterrée. Elles imposent seulement de ne pas y stocker sans protection des papiers, des textiles ou des meubles en bois, qui se dégradent vite.

Les murs peuvent aussi être mouillés au toucher en plein été. L’air chaud et chargé de vapeur qui entre par les soupiraux rencontre des parois restées fraîches et se condense. Cette condensation estivale ne traduit aucune fuite. Elle diminue quand l’air circule bien et que l’on ventile plutôt aux heures fraîches.

Un hygromètre laissé quelques semaines dans la cave donne une idée utile : une humidité élevée mais stable, sans eau visible, relève du fonctionnement normal. Une humidité qui grimpe brutalement après chaque pluie signale au contraire un apport d’eau à rechercher.

Alerte

Les signes d’un véritable désordre

L’eau liquide est la frontière. Un filet qui coule sur un mur, une flaque qui revient après chaque pluie, un sol boueux, une ligne horizontale de dépôts laissée par une montée d’eau : il y a un apport anormal. Une odeur d’égout désigne une fuite sur une canalisation d’évacuation. Des joints qui se creusent, des pierres qui s’écaillent par plaques ou une voûte qui perd ses mortiers montrent que l’eau attaque la maçonnerie.

Deux autres signes justifient un examen rapide : l’humidité qui monte dans les murs des logements ou des commerces du rez de chaussée, et l’apparition de fissures dans une voûte ou d’un affaissement du sol de la cave.

Mur de cave en moellons avec efflorescences blanches et traces d eau

Les dépôts blancs au pied des murs viennent de l’évaporation d’une eau chargée de sels à travers la pierre.

Origines

D’où vient l’eau en trop

Les réseaux arrivent en tête : colonne d’eaux usées en fonte fissurée, raccords en grès disjoints, regard non étanche, conduite d’eau potable qui suinte. Viennent ensuite les infiltrations depuis l’extérieur : cour sans pente ni drainage, trottoir qui renvoie l’eau vers la façade, descente d’eaux pluviales qui se vide au pied du mur.

Les soupiraux obturés pour arrêter le froid ou les nuisibles suppriment la ventilation et font monter l’humidité en quelques mois. Lors d’orages violents, le réseau public peut se mettre en charge et refouler dans les sous sols. Le règlement d’assainissement de la Métropole de Lyon impose d’ailleurs que les installations privées situées sous le niveau de la rue résistent à cette mise en charge : c’est au propriétaire, donc à la copropriété, de s’en protéger.

Rhône et Saône

Caves proches des fleuves : le risque inondation

Lyon est couverte par le plan de prévention des risques d’inondation du Rhône et de la Saône sur le territoire du Grand Lyon. Il retient comme références la crue de la Saône de 1840, la plus forte connue sur cette rivière, et les crues du Rhône de 1856 et de 1928. Le zonage distingue le débordement direct des fleuves et les secteurs exposés à la remontée de nappe et à la saturation des réseaux, où le premier niveau de sous sol peut être touché.

Une cave peut donc prendre l’eau par le sol ou par les réseaux sans que les quais soient submergés. Pour savoir si une adresse est concernée, consultez l’état des risques et Géorisques. Dans ces secteurs, évitez de stocker en cave des biens de valeur ou des produits polluants.

Ventilation et réseaux

Ventiler la cave et contrôler les canalisations

Rouvrez les soupiraux et posez des grilles fines contre les nuisibles, dégagez les couloirs, éloignez les objets des murs et ajourez les portes des box pour que l’air circule. Une ventilation traversante, entre deux façades, donne les meilleurs résultats. Chauffer la cave ou l’enduire d’un revêtement étanche déplace le problème vers les murs et le rez de chaussée.

Les canalisations d’évacuation qui traversent la cave se surveillent : traces de fuite, odeurs, joints dégradés. Une inspection par caméra contrôle les tronçons enterrés. Selon le règlement métropolitain, la Métropole entretient la partie du branchement située sous le domaine public, et les installations privées jusqu’au regard de branchement restent à la charge du propriétaire.

Lampe torche eclairant un couloir de caves voutees avec portes de box en bois

Une lampe et un humidimètre suffisent pour repérer les zones où l’eau arrive dans la cave.

Structure et copropriété

Quand la structure est en jeu, et qui doit agir

Une eau persistante vide les joints, délite les pierres et fait perdre leur cohésion aux mortiers. Or les murs et les voûtes de cave portent l’immeuble : leur dégradation prolongée peut se traduire, à terme, par des fissures et des tassements dans les étages. Sur les pentes des collines lyonnaises, où le sous sol est sensible aux mouvements de terrain, maîtriser les écoulements d’eau compte encore davantage.

Murs, voûtes, couloirs, soupiraux et réseaux communs sont des parties communes : leur entretien revient au syndicat des copropriétaires. Chaque copropriétaire répond de son box et de son usage. Si vous constatez une humidité anormale, prévenez le syndic par écrit avec photos, et demandez qu’un diagnostic précède tout vote de travaux en assemblée générale.

Achat

Visiter la cave avant d’acheter

La cave n’est qu’une annexe du lot, mais elle en dit long sur l’immeuble. Demandez toujours à la voir, lampe en main, et regardez le pied des murs, les voûtes et le passage des canalisations. Une cave ventilée, aux maçonneries saines, rassure. Une cave qui sent l’égout, montre des traces de crue ou des voûtes dégradées annonce des travaux de copropriété et peut expliquer une humidité au rez de chaussée. Croisez cette visite avec les procès verbaux d’assemblée générale et l’état des risques.

Le bilan avant achat comprend l’examen de la cave lorsque l’accès est possible. En cas de doute sur une cave existante, l’expertise humidité fait la part entre humidité normale et désordre et oriente les travaux. Nos pages par secteur détaillent nos interventions à Lyon et dans le Rhône.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Est il normal qu’une cave voûtée soit humide ?

Oui, dans une certaine mesure : fraîcheur, odeur de terre et quelques efflorescences sont normales. Ruissellement, flaques, odeur d’égout ou maçonnerie qui se délite ne le sont pas.

Faut il boucher les soupiraux en hiver ?

Non. Ils assurent la ventilation de la cave. Des grilles fines suffisent contre les nuisibles.

Qui répare une canalisation qui fuit dans la cave ?

Les réseaux communs relèvent du syndicat des copropriétaires. La partie du branchement située sous la voie publique relève de la Métropole de Lyon.

Comment savoir si ma cave est en zone inondable ?

Consultez l’état des risques de l’adresse et Géorisques, qui reprennent le zonage du plan de prévention des risques d’inondation du Rhône et de la Saône.

Peut on chauffer ou étancher une cave pour l’assainir ?

C’est déconseillé : l’eau se reporte vers les murs et le rez de chaussée. Mieux vaut ventiler et supprimer les apports d’eau.

Une cave humide peut elle fragiliser l’immeuble ?

Oui, à long terme, si l’eau dégrade les murs et les voûtes qui portent le bâtiment.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Préfecture du Rhône, PPRNi du Rhône et de la Saône sur le territoire du Grand Lyon
  • Métropole de Lyon, règlement du service public d’assainissement
  • Géorisques, état des risques et arrêtés de catastrophe naturelle
  • Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété, Légifrance


Nos expertises
Expertise fissures Expertise humidité Bilan avant achat Vices cachés Assistance VEFA Assistance CCMI Réception de travaux Lyon et Rhône, par secteur Nos tarifs A propos Blog Contact Faire un devis automatique