Travaux privatifs et autorisation de l’assemblée générale
Ouvrir un mur entre cuisine et séjour, déplacer une salle de bains, remplacer des fenêtres sur rue, poser une unité de climatisation : dans un immeuble en copropriété, une partie de ces projets passe obligatoirement par l’assemblée générale. Lesquels, avec quelle majorité, et que risquez vous en passant outre ? Voici les règles, avec les particularités lyonnaises à connaître.
Travaux et garanties
Dans ses parties privatives, un copropriétaire réalise librement ses travaux, tant qu’il ne porte atteinte ni aux droits des autres ni à la destination de l’immeuble. Dès que les travaux affectent les parties communes ou l’aspect extérieur, une autorisation préalable de l’assemblée générale est nécessaire, à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Sont concernés l’ouverture d’un mur porteur, un piquage sur une colonne commune, un percement de plancher, des fenêtres d’un modèle différent ou un équipement posé en façade. À Lyon, une autorisation d’urbanisme s’ajoute parfois, avec l’accord de l’architecte des Bâtiments de France dans les secteurs protégés.
Parties privatives, parties communes : la ligne de partage
La loi du 10 juillet 1965 distingue les parties privatives, réservées à l’usage exclusif d’un copropriétaire, et les parties communes, affectées à l’usage de tous. Son article 9 laisse chaque copropriétaire user librement de ses lots, à condition de ne pas porter atteinte aux droits des autres ni à la destination de l’immeuble.
C’est le règlement de copropriété qui fixe la frontière. Les murs porteurs, les planchers, les façades, la toiture et les colonnes sont en principe communs, même lorsqu’ils traversent votre appartement. Les cloisons légères, les revêtements intérieurs et les équipements sanitaires sont en principe privatifs.
Refaire une cuisine à son emplacement, repeindre, changer un revêtement ou déplacer une cloison légère relève donc de votre liberté, sous réserve des clauses du règlement. En cas de doute sur un élément, interrogez le syndic par écrit avant de signer un devis.
Les travaux qui passent par l’assemblée
L’article 25 b de la loi de 1965 soumet à l’assemblée générale les travaux qu’un copropriétaire réalise à ses frais lorsqu’ils affectent les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. L’autorisation doit être préalable.
Côté structure et réseaux, sont concernés l’ouverture ou la suppression d’un mur porteur, le percement d’un plancher, un piquage sur une colonne d’eau ou d’évacuation, l’utilisation d’un conduit commun. Côté aspect extérieur, sont concernés des fenêtres ou des volets d’un modèle différent, un store, une unité extérieure de climatisation, une antenne, une fenêtre de toit.
Si le projet n’atteint pas la majorité de l’article 25 mais recueille au moins un tiers des voix, l’article 25-1 permet un second vote immédiat à la majorité de l’article 24.
Lire le règlement avant de concevoir
Le règlement de copropriété peut aller plus loin que la loi : modèle de fenêtres imposé, couleur des volets, interdiction de certains revêtements de sol pour des raisons acoustiques, horaires de travaux, interdiction de placer une pièce humide au-dessus d’une pièce sèche, obligation d’informer le syndic avant tout chantier.
Lisez le en entier avant de concevoir votre projet, ainsi que les derniers procès verbaux d’assemblée : une décision antérieure peut déjà encadrer le type de travaux que vous envisagez, par exemple un modèle de fenêtres validé pour toute la façade, ou une teinte de volets déjà retenue lors d’un ravalement.
Un projet conçu en cohérence avec ces règles a bien plus de chances d’être voté sans difficulté.

Les travaux qui touchent les parties communes se décident en assemblée générale, sur dossier.
Préparer la demande et le vote
Adressez au syndic, par lettre recommandée ou par voie électronique selon les modalités prévues, une demande d’inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée, avec un projet de résolution et un dossier technique : description des travaux, plans, note de calcul d’un bureau d’études pour un mur porteur, attestation d’assurance de l’entreprise.
Si l’assemblée annuelle vient de se tenir, l’attente peut durer des mois. Vous pouvez demander la tenue d’une assemblée générale à vos frais pour statuer sur votre projet.
L’assemblée peut assortir son accord de conditions : suivi par un bureau d’études, contrôle par l’architecte de l’immeuble, entreprise assurée, constat des parties communes et des logements voisins avant et après travaux. Respectez les à la lettre : un écart peut être reproché comme des travaux non autorisés.
Mur porteur, pièces d’eau, sols
Le mur porteur reste une partie commune, même à l’intérieur de votre appartement. L’autorisation de l’assemblée, appuyée par une étude de structure, est indispensable. Le chantier se mène avec étaiement et renfort dimensionné, par une entreprise qualifiée et assurée. Dans un immeuble ancien aux murs épais en maçonnerie, l’étude précise aussi la façon de reprendre les charges sans fragiliser les appuis existants.
Déplacer une cuisine ou créer une salle de bains implique de nouveaux raccordements aux colonnes, parfois un percement de plancher : ces interventions touchent les parties communes. Elles posent aussi une question de voisinage si la pièce d’eau se retrouve au-dessus d’une chambre.
Remplacer une moquette par un carrelage ou un parquet peut dégrader l’isolement acoustique. Même sans clause du règlement, un trouble anormal de voisinage peut vous être reproché : choisissez une sous-couche adaptée et conservez les fiches techniques.
Façades et fenêtres : les règles d’urbanisme à Lyon
Indépendamment de la copropriété, modifier l’aspect extérieur d’un bâtiment, fenêtres, volets, façade, suppose en principe une déclaration préalable en mairie. Dans les 59 communes de la Métropole, le projet doit aussi respecter le PLU-H.
Lyon compte deux sites patrimoniaux remarquables : le Vieux Lyon, couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur, et les pentes de la Croix-Rousse, couvertes par une aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine approuvée en 2020. Les travaux extérieurs y sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, comme aux abords des monuments historiques.
Menuiseries en bois, petits bois, teintes, profils : le service urbanisme de la commune indique les exigences applicables à votre adresse. Renseignez vous avant de commander, car une fenêtre posée sans accord peut devoir être déposée.

Sur les pentes de la Croix-Rousse, les fenêtres sur rue relèvent à la fois de la copropriété et des règles patrimoniales.
Travaux sans autorisation et achat d’un appartement
Des travaux réalisés sans l’autorisation requise exposent le copropriétaire à une action du syndicat en remise en état, et à sa responsabilité pour les dommages causés à l’immeuble ou aux voisins. L’assemblée peut ratifier les travaux après coup, mais rien ne l’y oblige.
Pour un acquéreur, découvrir un mur porteur ouvert sans autorisation ou une salle de bains raccordée sans accord est une source de litiges. Demandez les procès verbaux d’assemblée qui autorisent les travaux visibles dans le logement, ainsi que les factures et attestations d’assurance des entreprises intervenues.
Le bilan avant achat vous aide à repérer les travaux structurels ou de réseaux à faire justifier par le vendeur.
Pendant et après le chantier
Même autorisés, des travaux peuvent causer du bruit, de la poussière, des vibrations et parfois des fissures chez les voisins. Informez les, respectez les horaires et faites constater l’état des logements voisins et des parties communes avant le début du chantier si les travaux sont importants.
À la fin, une réception de travaux vérifie la bonne exécution et la conformité aux autorisations obtenues. Si des fissures apparaissent après une ouverture de mur, une expertise fissures établit le lien technique avec les travaux.
Nos pages par secteur présentent les particularités du bâti à Lyon et dans le Rhône.
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Questions fréquentes
Faut il une autorisation pour abattre une cloison ?
Pas pour une cloison légère privative, sous réserve du règlement de copropriété. Pour un mur porteur, l’autorisation de l’assemblée générale est indispensable.
Puis je remplacer mes fenêtres librement ?
Un remplacement strictement à l’identique est en principe libre, selon le règlement. Un modèle, une couleur ou un matériau différent suppose l’accord de l’assemblée et une déclaration préalable en mairie.
Quelle majorité pour autoriser des travaux privatifs ?
La majorité de l’article 25, soit plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Si le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité de l’article 24 est possible.
Que risque t on sans autorisation ?
Une action du syndicat en remise en état, et la responsabilité des dommages causés à l’immeuble ou aux voisins.
Les travaux dans le Vieux Lyon sont ils plus encadrés ?
Oui. Le Vieux Lyon est un site patrimonial remarquable : les travaux extérieurs y sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, en plus des règles de la copropriété.
Puis je annexer un couloir commun à mon appartement ?
Oui, en l’achetant au syndicat après un vote de l’assemblée à la majorité de l’article 26, puis par acte notarié modifiant l’état descriptif de division et le règlement.
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Sources
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 9, 25, 25-1 et 26, Légifrance
- Code de l’urbanisme, articles R421-17 et suivants, Légifrance
- Métropole de Lyon, sites patrimoniaux remarquables du Vieux Lyon et des pentes de la Croix-Rousse




