État des risques dans le Rhône : inondation, balmes, argiles et industrie
Inondation par le Rhône ou la Saône, remontée de nappe, risque industriel, balmes, anciennes mines : dans le Rhône, l’état des risques remis à l’acquéreur peut comporter plusieurs rubriques. Encore faut il savoir les lire et mesurer ce qu’elles impliquent pour le bien. Voici une lecture pratique, rubrique par rubrique.
Achat immobilier
L’état des risques informe l’acquéreur des plans de prévention des risques naturels, miniers et technologiques qui concernent la parcelle, de la zone de sismicité, du potentiel radon lorsqu’il est de niveau 3, des secteurs d’information sur les sols et des sinistres ayant donné lieu à indemnisation au titre d’une catastrophe naturelle. Depuis le 1er janvier 2023, il doit être remis dès la première visite, établi depuis moins de six mois, et toute annonce doit renvoyer vers le site Géorisques. Dans le Rhône, les rubriques les plus significatives sont les plans de prévention du risque inondation du Rhône et de la Saône, les plans de prévention des risques technologiques de la vallée de la chimie et le plan de prévention des risques miniers de l’ouest lyonnais. Le document ne dit rien de l’état du bâtiment lui même : il doit être complété par une visite technique.
Un document obligatoire, renforcé depuis 2023
L’article L125 5 du code de l’environnement impose au vendeur et au bailleur d’informer l’acquéreur ou le locataire des risques auxquels le bien est exposé. Le décret du 1er octobre 2022 a renforcé cette obligation au 1er janvier 2023 : l’annonce doit indiquer comment accéder aux informations sur les risques via Géorisques, l’état des risques doit être remis lors de la première visite, et il doit être actualisé si nécessaire au moment de la promesse et de l’acte authentique.
Si l’information n’a pas été donnée, l’acquéreur peut demander la résolution de la vente ou une diminution du prix. Ce n’est donc pas une formalité : vérifiez la date du document, l’adresse et les références cadastrales avant de le lire au fond.
Dans la pratique, l’état des risques est établi par le vendeur, son notaire, son agent immobilier ou un diagnostiqueur à partir des informations publiées par l’État. Vous pouvez le contrôler vous même en saisissant l’adresse du bien sur Géorisques. Un écart entre les deux, par exemple une zone réglementée absente du document, doit être signalé avant la signature de la promesse.
Rhône, Saône et remontée de nappe
La Ville de Lyon rappelle qu’elle est traversée par le Rhône, la Saône et des ruisseaux, et qu’elle est exposée aux crues par débordement mais aussi par remontée des nappes phréatiques. Les plans de prévention du risque inondation applicables dans le Rhône distinguent plusieurs zones réglementaires, rouge, violette, bleue, verte, jaune, ainsi qu’une zone de remontée de nappe Rhône Saône sur le territoire du Grand Lyon. Les logements situés en zone rouge, violette ou bleue peuvent être soumis à des prescriptions obligatoires.
Lorsque l’état des risques mentionne une zone réglementée, lisez l’extrait du règlement joint : il indique si des travaux étaient prescrits et s’ils ont été réalisés. Pour un rez-de-chaussée ou un logement avec cave, confrontez cette information à une mesure de l’humidité des maçonneries. Une expertise humidité fait la part entre trace de crue ancienne, remontée capillaire et infiltration.
Les risques technologiques de la vallée de la chimie
Le sud de l’agglomération accueille des installations industrielles couvertes par des plans de prévention des risques technologiques. La notice d’état des risques diffusée dans le Rhône cite des secteurs d’expropriation ou de délaissement pour le plan de la vallée de la chimie et pour d’autres plans du département. Lorsque le bien est concerné, l’état des risques précise la zone et les éventuelles prescriptions de travaux de renforcement sur le logement.
Ces prescriptions peuvent viser les vitrages, les menuiseries ou la création d’un local de confinement. Demandez au vendeur si elles ont été réalisées et sur quelle base, et intégrez leur coût éventuel dans votre décision.
Pensez aussi à l’usage futur du bien : une zone de prescriptions peut encadrer certains travaux d’extension ou d’aménagement. Interrogez le service urbanisme de la commune si vous avez un projet.

L’état des risques se consulte à partir de l’adresse et des références cadastrales du bien.
Balmes, mines et mouvements de terrain
Les balmes sont les coteaux escarpés des collines de Fourvière et de la Croix-Rousse. Selon la Ville de Lyon, ces versants ont été fragilisés par d’anciennes galeries de captage d’eau, l’urbanisation et les rejets d’eaux, et les 1er, 4e, 5e et 9e arrondissements peuvent encore être concernés, avec études, surveillance et ouvrages de consolidation. Ce risque est pris en compte dans les règles d’urbanisme locales et ne se lit pas toujours directement dans l’état des risques.
À l’ouest du département, un plan de prévention des risques miniers approuvé en 2017 couvre Sainte-Foy-l’Argentière, Saint-Genis-l’Argentière, Aveize et Souzy. Pour un bien situé sur une pente lyonnaise ou dans ces communes, une fissure significative mérite un examen : une expertise fissures évalue son activité et son lien éventuel avec le sol.
Retrait gonflement des argiles : une information à aller chercher
Les sols argileux se rétractent en période de sécheresse et gonflent au retour des pluies, ce qui peut fissurer les maisons aux fondations peu profondes. Le Rhône compte des secteurs exposés. L’exposition de chaque parcelle est cartographiée sur Géorisques, et pour la vente d’un terrain constructible en zone d’exposition moyenne ou forte, une étude géotechnique préalable doit être fournie depuis la loi ELAN.
Pour une maison existante, consultez la carte d’exposition et la liste des arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse de la commune. Une mention de sinistre indemnisé sur le bien doit vous conduire à demander le détail des travaux réalisés.
La rubrique des catastrophes naturelles indemnisées
Le vendeur doit indiquer les sinistres ayant affecté le bien et ayant donné lieu à indemnisation au titre d’un arrêté de catastrophe naturelle ou technologique pendant sa période de propriété, ou dont il a été lui même informé. C’est l’une des rubriques les plus utiles pour l’acquéreur.
- Demandez la nature du sinistre : inondation, mouvement de terrain, sécheresse.
- Demandez les rapports d’expertise de l’assureur et les factures de réparation.
- Vérifiez sur place que les désordres réparés ne sont pas réapparus.

La lecture du document se complète par un examen du bien sur place.
Sismicité, radon et pollution des sols
L’état des risques comporte la fiche de la commune sur le risque sismique et, lorsque la commune est classée en potentiel radon de niveau 3, une information spécifique. La Ville de Lyon indique que la commune n’est pas en zone fortement sismique. Pour le radon, la fiche Géorisques de la commune précise le niveau de potentiel ; en zone concernée, une bonne ventilation des niveaux bas et des caves limite la concentration.
Les secteurs d’information sur les sols, arrêtés par le préfet du Rhône, signalent les terrains où une pollution connue justifie des précautions en cas de changement d’usage ou de travaux. Pour l’acquéreur d’un loft ou d’une maison sur une ancienne parcelle industrielle, cette mention est déterminante.
Du document au bâtiment
L’état des risques décrit l’exposition d’un terrain, pas l’état du bien. Une maison en zone de remontée de nappe peut être parfaitement saine, et un appartement hors zone peut souffrir d’infiltrations. Le croisement des deux informations est le seul moyen de décider en connaissance de cause.
Notre bilan avant achat lit l’état des risques avec vous, puis vérifie sur place les points qu’il soulève : humidité des niveaux bas, fissures, travaux prescrits. Les conditions sont présentées sur nos tarifs.
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Questions fréquentes
À quel moment l’état des risques doit il être remis ?
Depuis le 1er janvier 2023, dès la première visite du bien, puis il est annexé à la promesse et à l’acte authentique, actualisé si nécessaire.
Quelle est sa durée de validité ?
Il doit avoir été établi depuis moins de six mois au moment de sa remise.
Que risque un vendeur qui ne le fournit pas ?
L’acquéreur peut demander la résolution du contrat ou une diminution du prix, en application de l’article L125 5 du code de l’environnement.
Le risque lié aux balmes apparaît il dans l’état des risques ?
Pas toujours directement. Il est pris en compte par les règles d’urbanisme locales et suivi par la Ville de Lyon. Interrogez le vendeur et le syndic sur les études réalisées. Une fissure dans un mur adossé à la pente justifie un avis technique.
Un bien en zone inondable est il à éviter ?
Pas nécessairement. Il faut lire le règlement de la zone, vérifier les prescriptions et contrôler l’état des niveaux bas avant de décider. Le niveau des pièces de vie par rapport aux plus hautes eaux connues, la présence de réseaux électriques en cave et l’assurance du bien sont aussi à examiner.
Où trouver les informations sur les risques d’une adresse ?
Sur le site Géorisques, qui centralise les plans de prévention, le zonage sismique, le potentiel radon et l’exposition aux argiles.
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Sources
- Code de l’environnement, article L125 5, Légifrance
- Décret n° 2022 1289 du 1er octobre 2022 relatif à l’information des acquéreurs et des locataires sur les risques, Légifrance
- Ville de Lyon, Les risques majeurs
- Géorisques, ministère de la Transition écologique




