Acheter dans un immeuble des années 1960 et 1970 dans la Métropole de Lyon
Prix plus accessibles, logements traversants, balcons, parkings : les résidences des années 1960 et 1970 occupent une place importante dans la Métropole de Lyon. Leur bâti en béton a pourtant ses faiblesses propres, que l’acquéreur doit connaître avant de signer. Voici une méthode pour évaluer l’immeuble autant que l’appartement.
Achat immobilier
Les immeubles des années 1960 et 1970, construits en béton armé avec toitures terrasses, façades en panneaux ou en voiles coulés et équipements collectifs, arrivent à un âge où les gros postes de rénovation se succèdent : étanchéité, façades, réseaux, ascenseurs, chauffage et isolation. Avant d’acheter, il faut repérer les éclats de béton et les aciers apparents, les traces d’infiltration sous la terrasse, l’état des colonnes et des garde corps, et lire avec attention le plan pluriannuel de travaux et le dossier technique amiante. Le prix d’achat attractif doit être mis en regard des appels de fonds des dix prochaines années. Un bilan avant achat permet de faire ce rapprochement avant de vous engager.
Un parc né de la croissance urbaine lyonnaise
À partir de la fin des années 1950, l’agglomération lyonnaise a construit massivement pour répondre à la vétusté des quartiers anciens et à l’afflux de population. Selon les musées Gadagne, la construction de La Duchère débute en 1958, le quartier des Minguettes à Vénissieux est créé en 1960, et le chantier du quartier de la Part-Dieu est lancé en 1964. À côté de ces opérations emblématiques, des centaines de résidences en copropriété ont été édifiées à Villeurbanne, Bron, Caluire-et-Cuire, Oullins ou Sainte-Foy-lès-Lyon.
Ces immeubles partagent des techniques constructives proches : structure en béton armé, planchers en dalle pleine, toitures terrasses, façades en béton ou en panneaux préfabriqués, chauffage collectif. Leur état dépend moins de leur date de construction que de la qualité de l’entretien mené depuis cinquante ans.
Avant même la visite, situez la résidence : date de construction, nombre de lots, présence d’un chauffage collectif, travaux déjà réalisés. Ces informations, disponibles auprès du syndic ou dans l’annonce, orientent la visite vers les bons points de contrôle.
Façades et balcons : surveiller la corrosion des aciers
Avec le temps, le béton se carbonate depuis sa surface et ne protège plus les armatures lorsque l’enrobage est faible, ce qui était courant à l’époque. Les aciers rouillent, gonflent et font éclater le béton. Les signes sont visibles depuis la rue ou le balcon : épaufrures, aciers apparents, coulures de rouille, fissures parallèles aux armatures en sous face des balcons.
Ces désordres relèvent d’un traitement spécifique : purge du béton dégradé, passivation des aciers, reconstitution, parfois protection de surface. Ils doivent être distingués des fissures structurelles. En cas de doute sur une fissure de façade ou de refend, une expertise fissures établit son origine et son évolution.
La toiture terrasse, poste majeur de la copropriété
L’étanchéité d’une toiture terrasse a une durée de vie limitée. Les relevés, les évacuations et les joints de dilatation sont les points faibles. Au dernier étage, les auréoles au plafond, les peintures cloquées et les traces le long des murs de façade trahissent une infiltration. Dans la cage d’escalier, des coulures sous le dernier palier ont la même signification.
Demandez la date de la dernière réfection de l’étanchéité et vérifiez si une isolation a été ajoutée à cette occasion. Une réfection complète avec isolation est un chantier lourd que le plan pluriannuel de travaux doit faire apparaître s’il est proche.
Regardez aussi les acrotères, ces murets qui bordent la terrasse, et les descentes d’eaux pluviales visibles en façade. Un acrotère fissuré ou une descente qui déborde par fort orage laisse l’eau pénétrer dans les maçonneries du dernier niveau. Si la terrasse est accessible lors de la visite, des flaques persistantes, des végétaux qui poussent dans les relevés ou une protection en gravillons déplacée sont des signaux d’un entretien insuffisant.

Les balcons en béton révèlent les premiers signes de corrosion des armatures.
Amiante : lire le dossier technique
Pour tout immeuble dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, la vente d’un lot doit s’accompagner d’un état mentionnant la présence ou l’absence de matériaux contenant de l’amiante dans les parties privatives, et la copropriété doit tenir un dossier technique amiante pour les parties communes. Dans les résidences des années 1960 et 1970, on peut en trouver dans des dalles de sol, des colles, des conduits, des enduits ou des flocages.
La présence d’amiante n’interdit pas l’achat. Elle conditionne en revanche les travaux futurs : retirer un revêtement de sol, percer un conduit ou ouvrir une gaine peut nécessiter des précautions et une intervention spécialisée qui alourdissent le budget.
Colonnes, chauffage collectif et ascenseurs
Les colonnes d’eau, les chutes d’évacuation et les réseaux de chauffage d’origine atteignent leur limite. Des traces d’humidité autour des gaines techniques, des fuites répétées signalées dans les procès verbaux ou une eau chaude longue à venir sont des indices. Le remplacement des colonnes est un chantier collectif qui touche chaque logement.
Le chauffage collectif impose aussi ses règles : individualisation des frais lorsque la réglementation l’exige, réglage de l’équilibrage, état de la chaufferie. Côté ascenseurs, renseignez vous sur la date de la dernière modernisation et sur les travaux de mise en sécurité restant à faire.
Interrogez enfin le vendeur sur les dégâts des eaux subis par le logement et par ses voisins directs. Dans un immeuble où les colonnes sont en fin de vie, les sinistres se répètent d’un étage à l’autre et finissent par peser sur la prime d’assurance de la copropriété, ce qui se retrouve dans les charges.
Isolation, ponts thermiques et condensation
Ces immeubles ont été bâtis avant ou au tout début des premières réglementations thermiques. Les murs en béton sont peu isolés, les liaisons entre planchers et balcons forment des ponts thermiques, et les menuiseries d’origine ont parfois été remplacées sans prévoir d’entrée d’air. Le résultat se lit sur les murs : moisissures dans les angles, sur les tableaux de fenêtres et derrière les meubles plaqués contre les façades.
Ces taches relèvent de la condensation plus que d’une infiltration, mais seule une mesure permet de trancher. Une expertise humidité identifie la cause et les corrections possibles. Le diagnostic de performance énergétique du logement donne une première indication, utile si vous envisagez de louer.

La toiture terrasse et ses relevés concentrent les risques d’infiltration au dernier étage.
Chiffrer l’avenir de l’immeuble
Pour ces copropriétés, la lecture des documents est aussi importante que la visite. Demandez :
- le plan pluriannuel de travaux et le solde du fonds de travaux ;
- les procès verbaux des trois dernières assemblées générales ;
- le carnet d’entretien et le diagnostic technique global s’il existe ;
- le dossier technique amiante et le diagnostic de performance énergétique collectif le cas échéant.
Rapprochez ensuite les travaux prévus de votre quote part. Une rénovation énergétique globale, avec isolation des façades et réfection de la terrasse, peut changer radicalement l’équation financière d’un achat en apparence avantageux.
Le regard d’un expert indépendant
Un appartement refait à neuf dans une résidence des années 1970 peut masquer une terrasse en fin de vie ou des balcons à reprendre. À l’inverse, une copropriété qui a déjà mené son ravalement et sa réfection d’étanchéité offre une visibilité appréciable pour plusieurs années.
Notre bilan avant achat examine le logement et les parties communes accessibles, relève les désordres du béton, de l’étanchéité et des réseaux, et les met en perspective avec les documents de la copropriété. Les conditions sont détaillées sur nos tarifs.
Articles et expertises liés
Nos prestations et nos guides sur le même sujet.
Questions fréquentes
Un immeuble des années 1970 est il un mauvais achat ?
Non. Tout dépend de l’entretien réalisé et des travaux à venir. Une copropriété bien gérée offre des logements fonctionnels et une visibilité sur les dépenses.
Que signifient des aciers rouillés apparents sur un balcon ?
Le béton ne protège plus les armatures, qui se corrodent et le font éclater. Un traitement spécifique est nécessaire, et il relève de la copropriété lorsque le balcon est une partie commune.
L’amiante est il systématique dans ces immeubles ?
Non, mais sa recherche est obligatoire pour les immeubles dont le permis a été délivré avant le 1er juillet 1997. Les résultats figurent dans le diagnostic remis à l’acquéreur et dans le dossier technique amiante.
Comment savoir si la toiture terrasse doit être refaite ?
Demandez la date de la dernière réfection, consultez le plan pluriannuel de travaux et observez les plafonds du dernier étage et de la cage d’escalier.
Les moisissures dans les angles viennent elles d’une fuite ?
Elles traduisent plus probablement de la condensation sur des ponts thermiques. Une mesure d’humidité permet de le confirmer.
Faut il faire visiter l’immeuble par un expert avant d’acheter ?
C’est recommandé lorsque des travaux lourds se profilent ou que des désordres sont visibles. L’expert vous aide à estimer ce qui vous attend après l’achat. Le rapport sert aussi de support pour négocier ou pour préparer vos questions au syndic.
Besoin d’un avis d’expert ?
Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Musées Gadagne, Lyon, repères historiques 1957 2015
- Code de la santé publique, articles R1334 14 et suivants (repérage amiante), Légifrance
- Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, article 14 2, Légifrance
- Agence de la transition écologique, rénovation des copropriétés




